Face aux défis croissants de mobilisation des recettes, l’Afrique mise sur la formation. L’ATAF et l’Égypte scellent un partenariat stratégique pour structurer les capacités fiscales et renforcer l’autonomie financière des États
Le Forum des administrations fiscales africaines et l’administration fiscale égyptienne ont scellé un partenariat stratégique destiné à renforcer les capacités des États africains à mobiliser leurs ressources intérieures. Un enjeu central dans un contexte de pressions budgétaires croissantes et de besoins accrus en financement du développement.
Signé au Caire par Mary Baine et Rasha Abdel Aal Radi, en présence du ministre des Finances Ahmed Kouchouk, le protocole d’accord repose sur un levier clé : la formation, considérée aujourd’hui comme un pilier essentiel de la modernisation des administrations fiscales. Au cœur du dispositif, l’académie fiscale égyptienne est appelée à devenir un centre continental de formation, accueillant des programmes de l’ATAF destinés aux administrations fiscales africaines, avec un accent particulier sur les pays anglophones et arabophones d’Afrique du Nord. Cette orientation vise à mieux adapter les contenus aux réalités linguistiques et administratives des différentes régions du continent, tout en favorisant une approche inclusive.
Un partenariat qui vise à renforcer les compétences sur le continent et favoriser une expertise ancrée dans les réalités africaines. Dans cette dynamique, la secrétaire exécutive de l’ATAF, Mary Baine, a présenté cet accord comme une étape importante dans le renforcement de la coopération fiscale africaine, ouvrant une nouvelle phase de collaboration structurée avec l’administration fiscale égyptienne.
« Cet accord marque une avancée significative dans notre engagement à développer les capacités fiscales sur le continent, en nous appuyant sur des institutions africaines et des solutions adaptées à nos réalités », a-t-elle déclaré. Elle a également mis en avant le rôle stratégique de l’académie fiscale égyptienne, appelée à devenir un centre régional de référence pour la formation des responsables fiscaux africains, notamment dans des domaines clés tels que les prix de transfert, la conformité à la TVA et la fiscalité de l’économie numérique.

Dans le détail, la coopération cible des priorités stratégiques pour les administrations fiscales notamment : l’efficacité des contrôles, conformité à la TVA, prix de transfert, échange de renseignements, fiscalité de l’économie numérique et analyse des données. Ces domaines, au cœur des mutations économiques actuelles, représentent à la fois des défis techniques et des opportunités majeures pour améliorer les performances fiscales des États.
Face à la montée des économies numériques et à la complexification des flux financiers internationaux, les administrations fiscales africaines sont appelées à renforcer leurs capacités d’analyse, de contrôle et d’adaptation. Le partenariat vise ainsi à doter les administrations des outils nécessaires pour mieux appréhender ces transformations et sécuriser leurs bases fiscales. Au-delà de la formation, ce partenariat s’inscrit dans une dynamique plus large de structuration et de professionnalisation des administrations fiscales africaines. En facilitant le partage de connaissances, le transfert de compétences et la coordination régionale, il contribue à créer un écosystème fiscal plus cohérent et plus résilient à l’échelle du continent.
Il s’appuie par ailleurs sur une coopération technique déjà établie entre l’administration fiscale égyptienne et l’ATAF, ouvrant la voie à l’élaboration d’un programme de formation coordonné, capable de répondre de manière plus systématique aux besoins exprimés par les pays membres.
Cette initiative s’aligne également sur la stratégie de régionalisation de l’ATAF, qui entend rapprocher ses services de ses membres afin d’en accroître l’impact, la visibilité et l’accessibilité. En développant des pôles régionaux de formation, l’organisation cherche à renforcer sa présence sur le terrain et à offrir des solutions plus adaptées aux contextes locaux. En toile de fond, un objectif commun : améliorer la mobilisation des recettes intérieures à travers le continent, un levier essentiel pour soutenir le développement économique, réduire la dépendance à l’aide extérieure et renforcer l’autonomie financière des États africains.
Joe BAIT
