Réformes fiscales en Afrique de l’Ouest : le pari du TADAT porté par le WATAF

Moins de 20 % du potentiel fiscal est aujourd’hui mobilisé dans certains pays d’Afrique de l’Ouest, selon des données récentes du FMI. Plus de 270 responsables fiscaux de la région participent à une formation stratégique du WATAF autour du TADAT, un outil clé pour améliorer la performance des administrations fiscales et renforcer la mobilisation des ressources internes.

Renforcer les administrations fiscales pour mieux financer le développement : c’est l’objectif au cœur de la formation régionale lancée par le Forum des administrations fiscales d’Afrique de l’Ouest (WATAF) autour de l’outil TADAT.

Depuis le 6 avril, plus de 270 responsables fiscaux issus de plusieurs pays dont la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Sénégal et le Nigeria participent à cet atelier organisé en collaboration avec le Secrétariat du TADAT. Pendant cinq jours, ils se forment à cet instrument d’évaluation qui permet d’analyser en profondeur la performance des administrations fiscales et d’orienter les réformes.

Pour le secrétaire exécutif du WATAF, Jules Tapsoba, le TADAT va bien au-delà d’un simple cadre technique. Il constitue, selon lui, « un véritable levier pour une prise de décision éclairée et une amélioration durable des systèmes fiscaux », à un moment où les États cherchent à mobiliser davantage de ressources internes tout en renforçant la transparence et la redevabilité.

La formation s’articule autour de neuf domaines clés, allant de l’enregistrement des contribuables à la gestion des risques, en passant par le respect des obligations fiscales, le règlement des litiges et la transparence. Autant d’indicateurs qui permettent de mesurer concrètement l’efficacité des administrations et leur capacité à soutenir les politiques publiques.

L’atelier met un accent particulier sur la pratique. Les participants sont engagés dans des exercices simulant des situations réelles, avec pour objectif de les préparer à conduire des évaluations, à produire des rapports et à accompagner les réformes dans leurs pays respectifs. Un examen viendra sanctionner la fin de la formation.

À travers cette initiative, le WATAF réaffirme son ambition : doter ses États membres d’outils concrets pour améliorer la mobilisation des recettes et renforcer la solidité de leurs systèmes fiscaux.

Dans un contexte de fortes pressions sur les finances publiques notamment au Nigeria, au Ghana et en Côte d’Ivoire, où les déficits budgétaires se creusent la maîtrise de tels instruments apparaît désormais comme un enjeu central pour les économies ouest-africaines.

Joséphine BAITUAMBO

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