Victimes de Kisangani dénoncent des irrégularités dans le fonds d’indemnisation

Des inquiétudes grandissantes entourent le fonctionnement du FRIVAO, le fonds chargé d’indemniser les victimes de la guerre de six jours survenue en juin 2000 à Kisangani. Plusieurs dysfonctionnements, marqués par des irrégularités et des soupçons de fraude, ont été dénoncés par les victimes lors d’une rencontre avec le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa.

Organisée ce mercredi 8 avril 2026 dans la salle de spectacle de l’Alliance française de Kisangani, cette réunion a rassemblé des victimes, des acteurs de la société civile ainsi que des journalistes. Pendant près de cinq heures d’échanges, les participants ont exprimé leur inquiétude face à un processus d’indemnisation jugé opaque et inéquitable.

Au cœur des préoccupations : la présence présumée de bénéficiaires non éligibles dans les listes d’indemnisation, alors que certaines victimes légitimes affirment être toujours exclues du processus. Une situation qui alimente la frustration et renforce les appels à plus de transparence.

Face à ces dénonciations, le ministre de la Justice a rappelé que les fonds alloués au FRIVAO proviennent de l’État congolais, soulignant ainsi la responsabilité des autorités dans l’identification rigoureuse des véritables bénéficiaires. Il a également reconnu l’existence de dysfonctionnements lors de la première phase d’indemnisation.

Pour y remédier, Guillaume Ngefa a annoncé la mise en place d’une équipe chargée de procéder à un audit approfondi du fichier des bénéficiaires. Cette opération vise à « nettoyer » les listes, identifier les véritables victimes et corriger les irrégularités avant la poursuite du processus d’indemnisation.

Les victimes présentes ont salué cette initiative, tout en appelant à des mesures concrètes pour établir les responsabilités, notamment au sein des anciennes équipes dirigeantes du FRIVAO.

Dans un contexte où la mémoire des violences reste vive à Kisangani, cette affaire met en lumière les défis persistants liés à la réparation des préjudices subis par les populations, ainsi que l’exigence croissante de justice et de redevabilité.

FELIX ABOSA

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *