DIVO SARL au cœur d’une enquête sur l’usage des fonds de réparation des victimes
Le ministère de la Justice vient de mettre la société DIVO SARL au centre d’une enquête judiciaire portant sur la gestion des fonds destinés à la réparation des victimes des activités illicites de l’Ouganda. Cette instruction, donnée au procureur général près la Cour de cassation, vise spécifiquement un contrat conclu entre le Fonds de Réparation et d’Indemnisation des Victimes des Activités illicites de l’Ouganda (FRIVAO) et DIVO SARL pour la réalisation d’un documentaire sur le « GENOCOST ».
Soupçons de détournement liés à un million de dollars
Les autorités relèvent plusieurs irrégularités présumées dans l’exécution de ce marché. Un montant proche du million de dollars américains aurait été décaissé, alors que certains paiements ne sont pas clairement justifiés et que le documentaire annoncé n’aurait jamais été produit conformément aux stipulations du contrat. Le recours au mode de passation en gré à gré est également mis en cause, au regard de la loi congolaise sur les marchés publics, ce qui laisse penser à un détournement de deniers publics provenant du FRIVAO.
Poursuites, gel des avoirs et appel à la transparence
Le ministre de la Justice a enjoint le parquet d’identifier tous les responsables présumés, d’engager rapidement les poursuites adaptées et de prendre des mesures conservatoires, notamment le gel et la saisie des avoirs liés à ce contrat. Cette enquête s’inscrit dans un contexte marqué par plusieurs rapports d’ONG et audits internes qui dénoncent la gestion opaque de l’argent destiné aux victimes, et relance ainsi la demande de transparence sur l’utilisation des fonds versés par l’Ouganda pour compenser les victimes de la guerre.

La réaction de Déo Kasongo, patron de DIVO SARL
Dans le même dossier, l’entrepreneur Déo Kasongo, fondateur de l’agence DIVO SARL, avait porté plainte le lundi 13 avril devant le parquet de la Gombe (CSAC) contre tous ceux qui ont diffusé l’information selon laquelle son entreprise aurait encaissé 1,6 million de dollars américains du FRIVAO pour produire un reportage de six minutes, à la suite des déclarations du ministre de la Justice dans l’émission « TOP Congo ». Se disant victime d’une campagne de désinformation, il a affirmé vouloir aller jusqu’au bout de sa plainte, dénonçant des accusations publiques sans preuve : « Je vais aller jusqu’au bout de cette plainte, parce que ça ne peut plus continuer comme ça. N’importe qui se lève un matin et raconte des carabistouilles sur quelqu’un sans aucune preuve, puis retourne manger son foufou à la maison comme si de rien n’était, après avoir gravement entaché la réputation d’une autre personne. La justice doit être rendue et le code numérique appliqué de façon stricte pour notre cas. On n’est pas dans la cour du roi Petaud. »
Winny Bakajika
