Invitée du Journal Afrique sur TV5 Monde, la Première ministre de la République démocratique du Congo, Judith Suminwa, s’est exprimée sur un sujet sensible qui suscite de nombreuses interrogations : l’accueil sur le sol congolais de migrants expulsés des États-Unis.
Selon la cheffe du gouvernement, une quinzaine de migrants sont arrivés récemment en RDC dans le cadre d’un accord conclu entre les services migratoires des deux pays. Présentés comme des demandeurs d’asile, ces migrants seraient originaires de trois pays d’Amérique latine. Toutefois, des zones d’ombre persistent, notamment sur leurs nationalités exactes et la durée de leur séjour.
Interrogée sur ce point, Judith Suminwa a évoqué une solution « temporaire », précisant que ces personnes sont accueillies en collaboration avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), le temps de leur trouver d’autres pays d’accueil. « Ils ne sont pas appelés à rester longtemps », a-t-elle assuré, sans toutefois avancer de calendrier précis.
La question des contreparties pour la RDC reste également posée. À ce sujet, la Première ministre a indiqué qu’il s’agissait avant tout d’un « service » rendu aux États-Unis, ces derniers prenant en charge les frais liés à l’hébergement et à l’alimentation des migrants via des mécanismes internationaux.
Autre point soulevé : la possibilité de nouvelles arrivées. Judith Suminwa n’a pas exclu cette éventualité, évoquant un accord en cours qui pourrait permettre l’accueil d’autres migrants, tout en insistant sur le caractère non permanent de cette mesure.
Enfin, concernant le devenir de ces personnes, aucune solution définitive n’a encore été arrêtée. « Les discussions sont en cours », a-t-elle reconnu, laissant planer une incertitude sur les étapes suivantes de ce processus.
Cette situation relance le débat sur la politique migratoire de la RDC et sur les implications d’un tel accord, tant sur le plan humanitaire que diplomatique.
Winny Bakajika
