Intervenant lors du 5ᵉ Forum diplomatique d’Antalya (ADF2026), à Antalya, en Turquie, le Président de la République Félix‑Antoine Tshisekedi Tshilombo a défendu une révision du système multilatéral mondial, au profit d’une architecture plus respectueuse de la souveraineté, de l’indépendance et de l’intégrité territoriale de tous les États. Le Chef de l’État congolais s’est exprimé au panel des Leaders consacré au thème « le rôle de l’appropriation régionale dans un monde en transformation », dans le cadre d’un événement qui réunit plus de 20 chefs d’État et de nombreux ministres des Affaires étrangères sous le thème « Cartographier demain, gérer les incertitudes ».
Un multilatéralisme à refonder, pas à rejeter
Félix Tshisekedi a affirmé que le multilatéralisme, tout en ayant montré certaines limites, reste une nécessité absolue plutôt qu’une simple option face aux crises mondiales. Il a plaidé pour un multilatéralisme « refondu », bâti à partir des dynamiques régionales, afin de rendre les mécanismes de coopération internationale plus efficaces et plus proches des réalités locales. Pour lui, l’appropriation régionale est un pilier essentiel de la stabilité du monde contemporain, surtout dans un contexte de guerres, de tensions géopolitiques et de réalignements économiques.
Souveraineté : principe incontournable d’un ordre juste
Le Président de la RDC a insisté sur le fait que la souveraineté, l’indépendance et l’intégrité territoriale des États ne peuvent être des « principes à géométrie variable », mais doivent constituer le socle d’un ordre international juste. Leur violation, selon lui, reste la base de nombreux conflits et une entrave à toute paix durable et vérifiable. À l’heure où plusieurs pays d’Afrique, dont la RDC, ont subi des ingérences extérieures, Tshisekedi appelle à consolider des mécanismes régionaux capables de prévenir, de désamorcer et de résoudre les conflits, tout en maintenant leur place dans un système multilatéral rénové.
Winny Bakajika
