La RDC saisit officiellement la Cour Internationale de Justice contre le Rwanda

Kinshasa réclame réparation pour les atrocités commises depuis trente ans dans l’Est du pays

La République Démocratique du Congo a franchi, ce vendredi 26 juin 2026, une nouvelle étape dans son offensive judiciaire contre Kigali. Par la voix de son ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, actuellement en mission à La Haye, le gouvernement congolais a annoncé avoir officiellement saisi la Cour Internationale de Justice (CIJ) d’une requête introductive d’instance contre la République du Rwanda.

Quatre conventions internationales invoquées

Selon le communiqué officiel du ministère de la Communication et Médias, cette procédure vise à faire constater « la responsabilité internationale du Rwanda » pour violation de plusieurs instruments majeurs du droit international : la Convention de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide, la Convention de 1965 sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, la Convention de 1979 sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, ainsi que la Convention de 1984 contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Trente ans de violences dans l’Est congolais

Le gouvernement de Kinshasa rappelle que, depuis plus de trois décennies, les populations civiles de l’Est de la RDC sont victimes de massacres, d’exécutions extrajudiciaires, d’actes de torture, de violences sexuelles, de déplacements forcés et de discriminations fondées notamment sur l’origine ethnique et le sexe. Pour les autorités congolaises, ces exactions répétées seraient directement imputables au régime de Kigali, à travers les forces armées rwandaises et plusieurs groupes armés qu’elles auraient soutenus, dirigés ou contrôlés sur le sol congolais.

Un attachement réaffirmé au règlement pacifique

Tout en réaffirmant son attachement au règlement pacifique des différends et à la primauté du droit international, la RDC demande formellement à la Cour de dire et juger le Rwanda responsable, d’ordonner la cessation immédiate des actes illicites, de prescrire des garanties de non-répétition et d’accorder une réparation intégrale à la RDC ainsi qu’aux millions de victimes. Une démarche que Kinshasa présente comme une volonté de rompre définitivement le cycle de l’impunité face aux violations les plus graves du droit international.

Une procédure qui s’inscrit dans un contexte de fortes tensions

Cette nouvelle bataille judiciaire intervient alors que les relations entre Kinshasa et Kigali restent marquées par de vives tensions, sur fond d’accusations récurrentes de soutien rwandais au groupe armé M23 des allégations que le Rwanda continue de rejeter. Le Rwanda n’a pas encore officiellement réagi à cette saisine. La procédure devant la CIJ, dont les arrêts ont force obligatoire mais ne disposent pas de moyens de contrainte directs, pourrait s’étendre sur plusieurs années avant qu’un jugement ne soit rendu.

Winny Bakajika

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