Par Joe Bait, envoyée spéciale à Bujumbura
Après une année de mise en œuvre, le projet inter-agences des Nations unies financé par le FONAREV a accompagné des milliers de réfugiés congolais installés au Burundi. À Bujumbura, la cérémonie de clôture a permis de présenter le bilan d’une initiative financée à hauteur de 5,3 millions de dollars américains par la République démocratique du Congo en faveur de ses victimes des conflits armés.
L’ambiance est solennelle dans les bureaux du HCR à Bujumbura. Autour de la table, les visages des délégués congolais, des autorités burundaises et des responsables onusiens traduisent l’importance du moment. C’est Brigitte Mukanga Eno, représentante du HCR Burundi, qui ouvre cette séance cruciale, cédant rapidement la parole aux différentes agences techniques venues exposer le travail accompli sur le terrain au cours des douze derniers mois.
Les interventions reviennent sur les principaux axes du programme : les soins de santé, la santé sexuelle et reproductive, la planification familiale, la vaccination des enfants, la prise en charge des survivantes de violences basées sur le genre, le soutien psychosocial et les initiatives destinées à renforcer l’autonomie économique des bénéficiaires. Sur le terrain, l’impact de cette enveloppe se traduit par des indicateurs majeurs :
- Plus de 20 000 réfugiés congolais enregistrés et accompagnés
- 88 000 consultations médicales réalisées
- 12 000 enfants vaccinés
- 22 000 bénéficiaires ayant reçu un accompagnement psychosocial face aux traumatismes des conflits.
Ce programme, financé par le Fonds National de Réparation des Victimes liées aux Conflits Armés et des Crimes contre la Paix et la Sécurité de l’humanité (FONAREV), a été mis en œuvre avec l’appui de plusieurs agences du système des Nations unies, notamment le HCR, l’UNFPA, l’UNICEF, l’OMS et le PNUD. Pour le Directeur général du FONAREV, Patrick Fata Makunga, ces résultats illustrent la nécessité d’apporter une réponse adaptée aux victimes congolaises des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.
Lors de cette cérémonie, il a salué les avancées enregistrées dans les domaines de la protection, de l’accès aux soins, du soutien psychosocial, de l’autonomisation économique et du renforcement des infrastructures. Il a également rappelé l’engagement du FONAREV à poursuivre son accompagnement auprès des victimes, tout en soutenant les efforts visant à permettre un retour volontaire, digne et sécurisé lorsque les conditions seront réunies. Pour le Directeur général, réparer ne signifie pas seulement faire un geste de passage. Il s’agit d’un engagement au quotidien pour soigner les traumatismes, assurer le quotidien et aider chacun à rebâtir sa vie, pas à pas.

Prenant la parole au cours de cette rencontre, l’ambassadeur de la République démocratique du Congo au Burundi, S.E.M. Willy Mulumba Mabika, a salué cette initiative et le travail réalisé avec les agences des Nations unies. Il a également encouragé la poursuite des efforts en faveur des autres communautés de réfugiés congolais présentes au Burundi, confrontées elles aussi à des besoins importants. Les représentants des Nations unies ont, pour leur part, relevé l’importance de cette collaboration entre une institution congolaise, les agences internationales et les autorités du pays d’accueil. Le projet a permis de mettre en commun plusieurs expertises autour d’une même réponse destinée aux populations déplacées.

La clôture de ce programme intervient dans un contexte où les déplacements de populations restent une conséquence majeure des violences dans l’Est de la République démocratique du Congo. Des milliers de Congolais vivent encore loin de leurs zones d’origine, dans l’attente d’une amélioration durable de la situation sécuritaire. À travers cette intervention au Burundi, le FONAREV a choisi d’étendre son action au-delà du territoire national, en considérant que les victimes des conflits armés restent concernées par le processus de réparation, même lorsqu’elles ont été contraintes de chercher refuge dans un pays voisin.
Cette présence transfrontalière matérialise la mission fondamentale du FONAREV : restaurer la dignité humaine partout où le besoin l’exige. En s’assurant que la justice transitionnelle voyage avec ses exilés, l’institution concrétise enfin sa promesse phare : « Plus jamais seuls ». Un signal fort envoyé à la communauté internationale, prouvant que la RDC ne compte abandonner aucun de ses enfants, même au-delà de ses frontières.
