RDC : le service de la dette publique atteindra 1,2 milliard de dollars en 2026

La République démocratique du Congo devra débourser 1,2 milliard de dollars cette année pour rembourser le capital et les intérêts de sa dette publique, soit près du double des 674 millions de dollars payés en 2025, selon les documents budgétaires officiels du ministère des Finances.

Un bond de 80 % en un an

D’après la circulaire budgétaire signée par la Direction générale des politiques et programmation budgétaire, le remboursement du capital est chiffré à 835 millions de dollars, et les frais financiers à 367 millions de dollars. En monnaie locale, cela représente respectivement 2 060 milliards et 907 milliards de francs congolais, sur la base d’un taux budgétaire moyen de 2 467 francs pour un dollar.

En 2025, le Trésor public avait payé au total 674,4 millions de dollars (dont 258,8 millions de dollars de capital et 415,6 millions d’intérêts). La hausse de la charge 2026 s’explique à la fois par l’accumulation de l’encours et par l’échéancier des remboursements.

Une dette extérieure encore largement multilatérale

Fin décembre 2025, l’encours total de la dette publique s’établissait à environ 16 milliards de dollars, dont 9,98 milliards de dollars de dette extérieure et 6,03 milliards de dollars de dette intérieure (chiffres du troisième trimestre 2025 pour la dette intérieure).

La dette extérieure reste très majoritairement multilatérale (77 %), avec l’Association internationale de développement (IDA, groupe de la Banque mondiale) comme premier créancier (47 % de l’encours extérieur), suivie du Fonds monétaire international (22 %). Le reste se répartit entre les créanciers bilatéraux du Club de Paris, le Club de Kinshasa, la dette commerciale et la dette financière.

Des premiers paiements déjà enregistrés

Au premier trimestre 2026, le Trésor a déjà décaissé 58,4 milliards de francs congolais (23,6 millions de dollars) pour le remboursement du capital, sur une prévision trimestrielle de 515 milliards de francs. Les frais financiers versés s’élèvent à 6,8 milliards de francs (2,7 millions de dollars), pour une prévision de 226,9 milliards de francs.

Ces montants restent faibles par rapport aux projections annuelles, mais ils indiquent que le gros des échéances interviendra au cours des trois prochains trimestres.

Quel impact sur les finances publiques ?

Avec 1,2 milliard de dollars à consacrer au service de la dette, la marge de manœuvre budgétaire de Kinshasa se réduit. Les analystes soulignent que, même si le coût de la dette reste soutenable grâce aux conditions concessionnelles, la part croissante des remboursements pourrait contraindre l’État à arbitrer entre les investissements sociaux (santé, éducation) et le désendettement.

La question centrale est celle des recettes : le gouvernement parviendra-t-il à augmenter suffisamment les rentrées fiscales et minières pour absorber cette charge sans dégrader d’autres postes ? Les prochains états de suivi budgétaire seront scrutés par les créanciers et les agences de notation.

Conclusion
La RDC n’est pas en situation de surendettement critique, mais la trajectoire haussière du service de la dette en 2026 constitue un signal. Les autorités devront démontrer leur capacité à maintenir une discipline budgétaire tout en répondant aux besoins urgents de développement.

Joe BAIT

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