Kinshasa, 16 mai 2026 L’atelier national de formation des inspecteurs qui s’est achevé samedi à Kinshasa marque une étape concrète dans le processus d’intégration du narratif Genocost dans les programmes scolaires. Le ministère de l’Éducation nationale et la Commission interinstitutionnelle d’aide aux victimes et d’appui aux réformes (CIA-VAR) travaillent main dans la main pour que ce récit entre dans les classes du primaire et du secondaire.
Le Genocost, contraction de « génocide » et « cost » (le coût), raconte les souffrances vécues par des millions de Congolais durant des décennies de violences et de conflits armés. D’abord porté par des survivantes de violences sexuelles dans l’Est du pays, ce narratif s’est progressivement imposé dans le débat national sur la mémoire et la justice.
Une histoire encore largement méconnue des jeunes générations. Beaucoup d’enfants congolais grandissent sans connaître en détail ces violences de masse qui ont marqué leur pays. Faute d’un récit national partagé, la mémoire collective reste fragile. Enseigner le Genocost à l’école, c’est offrir aux élèves des repères pour comprendre leur histoire, reconnaître les victimes et prévenir les violences futures. C’est aussi un moyen de lutter contre la désinformation et les discours de haine, tout en aidant certains enfants touchés par les conflits à mieux comprendre leur vécu.
Lors de la cérémonie de clôture le samedi 16 mai, la ministre d’État Raïssa Malu a lancé un appel aux inspecteurs : « Il vous revient d’accompagner les enseignants, de former les élèves et d’animer les clubs d’éveil citoyen, afin de transformer la mémoire collective en un levier d’unité et non de division. » Pour elle, ce travail est essentiel pour que le pays se développe dans la paix.

Le coordonnateur exécutif de la CIA-VAR, François Kakese Kimaza, a détaillé les prochaines étapes qui va consister d’abord à développer des outils pédagogiques adaptés pour guider les enseignants. Il faudra décider dans quelles disciplines intégrer le Genocost : histoire, éducation civique, philosophie ou clubs citoyens. L’atelier des inspecteurs n’est qu’une première étape. Viendront ensuite un guide national de formation, des manuels et un déploiement progressif dans toutes les provinces.

La Commission interinstitutionnelle d’aide aux victimes et d’appui aux réformes (CIA-VAR) structure rattachée à la presidence ; réaffirme son engagement à accompagner la mise en œuvre de cette stratégie nationale d’appropriation du Genocost. Cet accompagnement s’inscrit dans l’exécution de sa feuille de route 2026 et des réformes qu’elle porte, conformément à la vision du Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo. L’intégration du Genocost dans l’éducation nationale est un pilier de cette feuille de route qui vise à former des citoyens lucides, capables de rompre le cycle de l’impunité et de reconstruire le tissu social.
Avec cette réforme, l’école devient le lieu où se construit une mémoire partagée et une cohésion nationale. L’ambition est de faire de chaque élève un acteur de la paix durable.
Joe BAIT
