La fiscalité, un instrument de développement, de confiance et de modernisation de l’économie

La mobilisation des recettes fiscales ne se résume pas à la capacité d’un État à prélever davantage sur ses citoyens et ses entreprises. Elle dépend aussi de la manière dont l’administration organise ses services, accompagne les contribuables et facilite le respect des obligations fiscales. C’est cette approche que défend le ministre égyptien des Finances, Ahmed Kouchouk, pour qui la fiscalité doit contribuer à la fois au financement du développement, à la confiance entre l’État et les citoyens et à la vitalité de l’économie.

À l’ouverture des Réunions annuelles 2026 du Forum africain de l’administration fiscale (ATAF), le 3 novembre au Caire, le Ministre a invité les administrations fiscales africaines à unir leurs efforts et à investir dans des applications technologiques intelligentes. Son message s’appuie notamment sur l’expérience de son pays, qu’il présente comme une illustration des possibilités offertes par la modernisation des services fiscaux.

Prenant pour Exemple son Pays, l’ Égypte où l’investissement dans les outils numériques et la simplification des démarches ont permis l’enregistrement volontaire de 3,5 millions de biens immobiliers en 120 jours et où les recettes fiscales ont progressé de 27 % l’année dernière, sans augmentation supplémentaire des prélèvements, Ahmed Kouchouk a demontré qu’il est possible d’améliorer les performances fiscales sans faire peser de nouvelles charges sur les contribuables.

Au-delà des chiffres, cette expérience traduit une autre manière d’aborder la collecte de l’impôt. Plutôt que de considérer le contribuable uniquement comme une source de recettes, l’administration doit aussi lui offrir des services accessibles et des procédures plus simples. L’enregistrement volontaire des biens immobiliers illustre cette volonté de faciliter l’entrée des acteurs économiques dans le système fiscal, en s’appuyant sur des outils adaptés.

C’est précisément cette évolution que le ministre souhaite voir se développer dans les autres pays africains. Il ne s’agit pas de reproduire mécaniquement le dispositif égyptien, mais de tirer parti des possibilités offertes par la technologie pour répondre aux réalités de chaque économie. Les applications numériques peuvent faciliter les déclarations, améliorer le suivi des activités et rendre les administrations plus efficaces.

Pour Ahmed Kouchouk, le rôle des autorités fiscales ne se limite d’ailleurs plus à la collecte des recettes. Elles doivent aussi soutenir l’économie et accompagner le monde des affaires. « Une politique fiscale intelligente est l’un des outils de développement les plus efficaces. Elle stimule l’économie et crée de nouvelles possibilités d’emploi », a-t-il déclaré.

Cette vision donne une place centrale à la confiance entre l’État et les contribuables. La simplification des procédures et l’amélioration des services peuvent encourager les citoyens et les entreprises à respecter volontairement leurs obligations. En retour, une collecte plus efficace donne aux pouvoirs publics davantage de moyens pour financer les politiques publiques et les services attendus par la population.

Le ministre a également insisté sur la nécessité pour les administrations fiscales africaines de travailler ensemble. Les défis liés aux transformations de l’économie mondiale exigent des réponses coordonnées, un partage d’expériences et l’adoption de solutions technologiques capables de suivre l’évolution des activités économiques.

À travers son intervention, Ahmed Kouchouk défend ainsi une conception de la fiscalité qui dépasse les seuls impératifs budgétaires. L’enjeu est de construire des administrations plus modernes, de rapprocher l’État des contribuables et de faire de la politique fiscale un soutien à la croissance et à la création d’emplois.

L’expérience égyptienne donne un aperçu de cette ambition. Mais le message du ministre s’adresse à l’ensemble du continent : les pays africains peuvent chercher à mobiliser davantage leurs ressources en améliorant d’abord la manière dont ils administrent l’impôt. Une fiscalité plus efficace, plus accessible et mieux adaptée à l’économie peut devenir l’un des leviers de leur développement.

Joe BAIT

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