Fiscalité : l’ATAF mise sur les données pour renforcer les recettes publiques en Afrique

Le Forum africain sur l’administration fiscale (ATAF) a lancé, à Salima, au Malawi, l’édition 2025 de l’African Tax Outlook (ATO), une publication qui permet de comparer les performances fiscales des pays africains. Fondé sur les données de 39 pays, cet outil aide les administrations à mieux évaluer leurs résultats et à identifier les pistes d’amélioration de la mobilisation des recettes publiques.

L’ATO rassemble des données sur plusieurs dimensions de la fiscalité, notamment les taux d’imposition, les bases fiscales, la structure des recettes, les performances de collecte et le fonctionnement des administrations fiscales. La publication examine également les services aux contribuables et le respect des obligations fiscales.

Ces données permettent aux pays participants d’aller au-delà du simple constat de leurs recettes annuelles. En comparant leurs résultats et leurs pratiques, les administrations peuvent mieux cerner les difficultés de collecte, repérer les écarts de performance et examiner les mesures susceptibles d’améliorer le rendement de leurs systèmes fiscaux.

Ces comparaisons peuvent également éclairer les réflexions sur l’élargissement de l’assiette fiscale, l’amélioration du respect des obligations fiscales et la simplification des procédures. Elles fournissent ainsi aux décideurs des éléments pour apprécier l’efficacité des politiques mises en œuvre, tout en tenant compte des réalités économiques propres à chaque pays.

Lors de son lancement, Frankie Mbuyamba, responsable de la régionalisation et du programme TRIP au sein de l’ATAF, a présenté les principaux indicateurs de l’ATO, en expliquant leur mode de calcul, les données nécessaires à leur établissement et l’importance de garantir la cohérence des informations entre les pays participants.

Cette exigence est essentielle pour rendre les comparaisons pertinentes. Des données recueillies selon des méthodes différentes peuvent conduire à des résultats difficilement comparables et fausser leur interprétation. La validation technique constitue donc une étape importante pour renforcer la fiabilité des analyses et leur utilité dans l’élaboration des politiques fiscales.

Accueillie par la Malawi Revenue Authority, la rencontre a réuni 46 participants issus de 30 pays africains, parmi lesquels des directeurs chargés de la recherche et des statistiques ainsi que des points focaux de l’ATO.

Les travaux techniques se poursuivent pendant une semaine, avec la validation des données et la préparation de l’édition 2026. Cette étape doit contribuer à améliorer la qualité des informations qui alimenteront la prochaine publication.

Pour les administrations fiscales africaines, l’enjeu est de disposer de données fiables pour évaluer leurs performances, mieux orienter leurs réformes et renforcer leur capacité à mobiliser les ressources intérieures. Encore faut-il que ces données soient suffisamment comparables et qu’elles se traduisent en décisions adaptées aux réalités de chaque pays.

Joe BAIT

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *